Chasse sous-marine à Marseille : règles, sécurité et spots

À Marseille, la chasse sous-marine obéit à un cadre précis, pensé pour protéger le pratiquant, les autres usagers de la mer et les milieux marins. Avant de partir, il faut connaître les horaires autorisés, les zones interdites, les obligations de signalisation et les règles propres au Parc national des Calanques. Une sortie bien préparée évite l’amende, mais surtout réduit les risques et améliore la qualité de pêche.

Pour les pressés :

Je vous donne les règles clés pour sortir serein, conforme et sans risque.

  • Sortez uniquement de jour, en apnée et en binôme ; n’utilisez ni bouteille ni lampe et gardez l’arbalète déchargée hors de l’eau.
  • Consultez systématiquement la carte préfectorale et les consignes du Parc des Calanques (19 zones interdites et fermetures temporaires).
  • Déclarez-vous gratuitement dans le Parc (validité 1 an) et enregistrez vos captures après chaque sortie.
  • Limitez-vous à 12 prises par jour, respectez les quotas par espèce et coupez la nageoire caudale pour tout poisson supérieur à 15 centimètres.
  • Signalez-vous avec une bouée visible, restez à au moins 150 mètres des navires et à 100 mètres des fermes maritimes.

Réglementation de la chasse sous-marine à Marseille

La pratique de la chasse sous-marine autour de Marseille ne s’improvise pas. Elle s’exerce uniquement de jour, entre le lever et le coucher du soleil, avec un matériel conforme et dans des zones autorisées. Le non-respect d’une seule règle peut suffire à transformer une sortie en infraction, notamment dans un secteur aussi surveillé que le littoral marseillais et les Calanques.

La première limite à retenir concerne l’âge. La chasse sous-marine est réservée aux pratiquants de 16 ans et plus. En dessous, seules certaines formes de pêche à pied restent autorisées, comme la récolte d’oursins ou de mollusques à la main, ainsi que l’usage de la foëne. Il faut aussi rappeler que la vente des poissons est interdite pour un pêcheur non professionnel, les captures étant destinées au foyer.

Dans les Bouches-du-Rhône, l’arrêté préfectoral de Méditerranée N°238 du 28 juin 2024 identifie 19 zones interdites en permanence à la pêche sous-marine, à la navigation et au mouillage. Cette carte réglementaire doit être consultée avant chaque sortie, car de nombreux secteurs sont soumis à des interdictions permanentes ou temporaires.

Dans le Parc national des Calanques et dans l’aire marine adjacente, de Marseille à Saint-Cyr-sur-Mer, le pratiquant doit effectuer une déclaration individuelle gratuite valable un an, puis déclarer ses captures après chaque sortie. Cette formalité n’est pas une simple démarche administrative, elle conditionne la légalité de la pratique dans cet espace protégé.

Les règles de capture et de matériel

La réglementation fixe un plafond clair : 12 prises maximum par jour. Certaines espèces, comme le loup, la pélamide, le chapon, le denti ou la dorade, sont en plus soumises à des quotas spécifiques. Cela impose de connaître les règles locales, car une belle journée peut vite devenir non conforme si l’on dépasse le quota d’une espèce ciblée.

Chaque poisson conservé de plus de 15 centimètres doit être marqué par l’amputation de la nageoire caudale. Ce marquage sert de preuve lors d’un contrôle et évite toute contestation sur les prises. C’est une règle simple, mais elle est souvent oubliée par les débutants pressés de remonter leur matériel.

Lisez aussi :  Lance-pierre de chasse : l’outil de précision pour les passionnés d’outdoor

Un autre point ne souffre aucune ambiguïté : la chasse sous-marine se pratique exclusivement en apnée. L’usage d’une bouteille, d’un respirateur ou de tout système de respiration en plongée est interdit. Le matériel doit rester cohérent avec cette logique, et l’arbalète ne doit jamais être transportée chargée hors de l’eau.

La lampe sous-marine destinée à traquer le poisson est également interdite. En pratique, cela signifie qu’il faut apprendre à lire le relief, à observer les tombants, les taches d’ombre et les mouvements du poisson, plutôt que de compter sur un éclairage artificiel pour forcer la rencontre.

Principales règles de sécurité et signalisation

La sécurité n’est pas un détail secondaire. En chasse sous-marine, le bon sens commande de sortir en binôme dès que possible. À deux, on surveille la dérive, on réagit plus vite en cas de malaise et on limite les erreurs de jugement, surtout lorsque la mer se forme ou que la fatigue monte.

La signalisation de surface est obligatoire. Le pratiquant doit utiliser une bouée visible portant un pavillon réglementaire, soit le pavillon Alpha, soit un pavillon rouge avec croix de Saint-André ou bande diagonale blanche. Cette bouée annonce votre présence aux navires, aux plaisanciers et aux autres usagers du littoral.

Les distances de sécurité sont strictes. Il faut rester à 150 mètres minimum des navires, qu’ils soient signalés ou non, ainsi que des filets de pêche balisés. Il faut aussi s’éloigner d’au moins 100 mètres des fermes maritimes. Ces distances protègent à la fois le matériel, les installations et le pratiquant.

L’arbalète ne doit jamais être chargée hors de l’eau. Elle doit être chargée et déchargée dans l’eau, dans une zone sans danger. Si une traversée de zone de baignade est inévitable, il faut l’accord du nageur sauveteur et l’arbalète doit être déchargée. Enfin, une assurance en responsabilité civile spécifique à la chasse sous-marine est obligatoire, ce qui complète le socle minimal de protection.

Zones interdites et restrictions spécifiques à Marseille

Le littoral marseillais cumule plusieurs espaces d’exclusion. La chasse sous-marine est interdite à l’intérieur des ouvrages portuaires, des chemins d’accès portuaires et des zones de mouillage. Elle est aussi interdite dans les zones réservées à la baignade et aux sports nautiques de vitesse, où la cohabitation avec les autres usagers devient trop risquée.

Sont également exclus de la pratique les cantonnements, réserves naturelles, zones militaires et zones de biotope. Ces espaces font l’objet d’une protection renforcée, soit pour préserver les habitats, soit pour garantir la sécurité, soit pour maintenir des équilibres biologiques sensibles. Dans le doute, il faut toujours vérifier la carte officielle avant de se déplacer.

Dans le Parc national des Calanques, les règles varient selon les jours autorisés et les périodes de fraie. Les restrictions temporaires doivent être respectées sans discussion, notamment lorsque certaines espèces entrent en reproduction. Ce point est déterminant, car une zone peut être ouverte un jour et fermée le lendemain selon les arrêtés en vigueur.

Lisez aussi :  Lièvre : quel est son poids record réel ?

Pour éviter toute erreur, il faut intégrer un réflexe simple, vérifier les cartes, les arrêtés locaux et les consignes du parc avant chaque sortie. Sur ce littoral, l’improvisation coûte cher, et les contrôles peuvent porter autant sur le lieu que sur la période ou le type de capture.

Les meilleurs spots de chasse sous-marine à Marseille

Le choix du spot conditionne autant la réussite que la sécurité. Autour de Marseille, les secteurs les plus intéressants présentent souvent un substrat mixte sable, herbier et roche. Ce type de fond favorise la diversité piscicole, offre des repères de navigation et permet de lire plus facilement les déplacements du poisson.

Les zones extérieures au Parc national des Calanques, lorsqu’elles ne sont pas interdites, peuvent offrir de belles opportunités, par exemple vers le Frioul, l’île Maïre, l’île de Riou ou Marseilleveyre. Mais ces noms ne suffisent pas, il faut toujours contrôler le statut réel du secteur, car un site attractif peut être partiellement ou totalement fermé.

Il faut éviter les chenaux, les accès surfréquentés et les secteurs de baignade. Ces zones concentrent les risques de collision, les conflits d’usage et les infractions involontaires. Le bon spot n’est pas seulement celui où le poisson est présent, c’est aussi celui où l’on peut évoluer proprement et sans tension.

Sur le terrain, le relief doit servir de guide. Les cassures de fond, les roches isolées et les bordures d’herbier aident à se repérer, à choisir une route de surface lisible et à préparer les descentes. Une bonne cartographie mentale du secteur fait gagner du temps et réduit la fatigue.

Choisir les bons fonds et lire le relief

Le fond mixte est souvent le meilleur compromis. Le sable attire certaines espèces en maraude, l’herbier apporte de l’activité biologique, et la roche concentre les caches et les passes. Ce mélange crée des postes naturels où le poisson circule sans forcément se montrer longtemps.

Pour progresser efficacement, il faut apprendre à repérer les ruptures de fond, les ombres portées et les zones de courant discret. Ce sont souvent les endroits les plus rentables, car le poisson y passe avec plus de régularité qu’en pleine eau. L’observation reste donc une compétence de base, au même titre que l’apnée.

Adapter sa technique selon la visibilité

En eau claire et stable, l’indienne permet d’avancer discrètement en suivant le relief, tandis que l’agachon fonctionne bien sous un surplomb ou près d’un bloc. L’objectif est de surprendre un poisson curieux ou en maraude, sans briser la discrétion par des mouvements inutiles.

En eau trouble, il faut réduire la durée des agachons, se plaquer aux blocs et évoluer dans les couloirs où circulent plancton et oxygénation. La visibilité réduite exige plus de rigueur et moins d’ambition. Il faut accepter de pêcher plus court, mais plus proprement, en restant concentré sur la sécurité et la lecture immédiate du terrain.

Lisez aussi :  Conservation du sanglier : combien de temps pour votre gibier ?

La meilleure position d’attente se situe souvent à l’aval d’un bloc, dans un léger contre-courant, à proximité d’un changement de nature de fond. L’immobilité compte autant que le placement. Une posture bien choisie augmente les chances de voir venir le poisson sans avoir à forcer la distance.

Tenir compte de la météo et de l’état de mer

Avant de sortir, il faut regarder la météo, la direction du vent et l’état de la mer. Si la houle est croisée, mieux vaut choisir un secteur encaissé et protégé. Ce choix réduit la fatigue, améliore la lisibilité des descentes et limite les incidents en surface.

Pensez aussi à emporter de quoi manger pendant la session, même pour une sortie courte, afin de maintenir énergie et vigilance.

Il ne faut jamais se mettre en difficulté pour une prise. Une belle sortie repose sur la maîtrise du milieu, pas sur la prise de risque. Si les conditions se dégradent, on raccourcit la session, on change de secteur ou l’on renonce. La discipline protège toujours mieux que l’entêtement.

Pour garder une marge de sécurité, il faut aussi prévoir des trajets de surface clairement visibles. Cette habitude évite les surprises avec les embarcations et facilite le repérage par le binôme. C’est une méthode simple, mais elle change beaucoup de choses quand la mer se peuple.

Bonnes pratiques, erreurs courantes et contrôle sur le terrain

La première erreur consiste à oublier le marquage des poissons. Tout poisson conservé de plus de 15 centimètres doit avoir la nageoire caudale coupée. Lors d’un contrôle, ce détail peut faire la différence entre une sortie conforme et une infraction facile à constater.

La seconde erreur fréquente est de transporter l’arbalète chargée hors de l’eau. Cette faute est particulièrement risquée en traversée ou lors des remontées. La règle est nette, et elle doit devenir un automatisme, surtout quand la fatigue ou l’habitude font baisser la vigilance.

Il faut aussi respecter les quotas et les déclarations obligatoires. Dans le Parc national des Calanques, la déclaration des captures après chaque sortie n’est pas une formalité décorative. Elle participe au suivi de la ressource et rappelle que la pratique s’inscrit dans un cadre surveillé et limité.

Enfin, le respect du milieu marin fait partie du comportement attendu. Il ne faut ni laisser de déchets, ni détériorer la posidonie ou le coralligène, ni prélever d’espèces protégées. Une sortie propre laisse peu de traces, et c’est souvent le signe d’un chasseur rigoureux.

Pour résumer, la chasse sous-marine à Marseille demande une vraie préparation, une lecture précise des zones autorisées et une discipline constante. Jour, apnée, signalisation, quotas et respect des interdictions forment la base d’une pratique sûre et conforme.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut